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Mes chers camarades,

 

Officiers, sous-officiers, soldats, marins, aviateurs, voici votre chef !

Notre Union, en notre nom à tous, a félicité le général d’armée François Lecointre à l’occasion de sa prise de fonction à la tête de l’état-major des armées.

Certes, en cette rentrée, chacun est encore remué par les circonstances qui provoquèrent la démission du général d’armée Pierre de Villiers. Notre Union, dont les interlocuteurs privilégiés sont l’état-major des armées et le ministère, n’a pas de commentaire à faire.

 

Les militaires que nous sommes ont été étonnés.

Par le fond d’abord ; alors que la population attend plus que jamais que l’on assure mieux sa sécurité, et surtout sa défense, d’une part, alors que les militaires sont tout juste rassurés par la prise en compte de leurs besoins urgents avec les engagements de progression à 2% du PIB du budget à la défense, d’autre part, décider le gel et l’amputation de crédits qui compromettent la mission a surpris.

Par la forme ensuite ; « la loyauté est le bien le plus sacré du cœur humain » rappelait Sénèque ; c’est en effet une vertu fondamentale indissociable de l’engagement dans le service des armes de la France ; tout naturellement chacun connait sa place dans la hiérarchie, sait y rester, et sait à qui il doit rendre compte. Le respect, des autres, permet la délicatesse.

De même, toute autant fondamentale est la cohésion : un chef est aussi un homme qui a besoin des autres, les subordonnés suivent celui qui sert leur grandeur et font corps. Dès lors la confiance va de soi.

 

Les civils amateurs d’Histoire que nous sommes auront observés que le jeune pouvoir politique a eu le besoin de rappeler qu’il a la main sur l’armée, le pouvoir de décider la continuité de l’application de la loi de programmation militaire en prolongeant dans ses fonctions celui qui avait la responsabilité de la mise en œuvre, et, en même temps, qu’il a le pouvoir de décider la restriction des moyens, pour affirmer son autorité.

Cela n’est pas sans rappeler qu’il y a cent ans et quelques mois, en pleine guerre, dans contexte différent, le pouvoir politique fragilisé a, pour rester en place, autoritairement « remanié » le grand quartier général, provoqué la « démission » du généralissime Joffre, et, en même temps, de façon ambigüe a élevé celui-ci au maréchalat[1].

On peut retenir la même élégance et la même discipline à un siècle d’intervalle ; le général fait naturellement le choix de se taire, respectant le principe de base qui devrait inspirer au-delà des cercles militaires : on ne prend plus la parole après son chef. C’est d’ailleurs avec bonheur que nous observons cette réserve dans notre association dont le président est le seul à pouvoir se prononcer au nom de l’UNOR.

« Un vrai chef ne paraît pas martial. Qui sait se battre ne s'emporte pas. Qui saura vaincre évitera d'affronter. Qui saura manier les hommes s'abaissera... », enseigna Lao-Tseu.

 

Saluons la République qui pérennise l’école du dépassement de soi et le système de sélection qui permettent de mettre en valeur des femmes et des hommes qui ont la capacité de donner.

Donner, du temps, de l’expérience, c’est bien ce que font un certain nombre d’associations territoriales qui ont mis en place des activités à destination des jeunes en vue de susciter des engagements pour le pays ; il ne faut d’ailleurs pas hésiter à le faire savoir tant localement que par notre revue. Les moyens modernes de communication permettent de mieux diffuser et de relancer plus facilement nos jeunes réservistes pour une meilleure implication dans nos travaux.

Les exigences du moment, l’enthousiasme des plus jeunes à servir nous obligent à observer une bonne rigueur de fonctionnement pour être parés à répondre aux sollicitations extérieures dans le respect de nos statuts.

C’est en ce sens que sous l’impulsion de notre président nous nous appuyons sur les acquis pour définir les outils à mettre en place pour être toujours porteurs d’avenir, avec la lucidité de Sir Winston Churchill : « Il est toujours sage de regarder en avant, mais il est difficile de regarder plus loin qu'on ne peut voir ».

Il y a 100 ans, Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine, lançait un appel à l’insurrection aux Bolcheviks pour qu’ils s’emparent du pouvoir par la force… dans le même temps, sur notre sol les troupes américaines prenaient le chemin des tranchées.

 

[1] lire « Joffre », par Rémy Porte (éd. Perrin, chap. 13)

Par le colonel (R) Philippe Montalbot

Premier vice-président

Président national des organisations territoriales interarmées