Les ultimes propos du CEMA

Le général d’armée François Lecointre, chef d’état-major des armées depuis le 20 juillet 2017 quittera ses fonction quelques jours après le défilé du 14 juillet 2021.

Le général François Lecointre, chef d’état-major des armées, a choisi la Sorbonne et le cadre de la Chaire « Grands enjeux stratégiques contemporains », de Paris 1 dirigée par Louis Gautier professeur associé à Paris 1, pour prononcer une conférence, le 30 juin dernier, et se prêter à un échange de questions-réponses avec des étudiants sur le thème : La France, un acteur stratégique ?
Comme il l’a dit lui-même, ce sont ses ultimes propos en tant que Chef d’état-major des armées.
Vous trouverez ici le lien vers sa conférence et ci-dessous quelques extraits de ses propos. Le général François Lecointre s’est exprimé sur :
– la France et l’Europe
– l’élection présidentielle : une opportunité pour lancer ensuite une revue stratégique et un Livre blanc
– les capacités militaires de la France
– la Loi de programmation militaire
– l’importance de la dissuasion nucléaire
– le rôle de la France dans l’Indopacifique et sa relation avec les Etats-Unis
– le rôle des Conseils de défense
– le départ de la France du Mali
– un deuxième porte-avions ?
– la tribune des généraux
– les raisons de son départ

Armelle Ceglec
Déléguée générale de la Chaire

« Grands enjeux stratégiques contemporains »


Extraits :

  • « La France est une nation très singulière en Europe, un acteur stratégique à part par la conception universelle qu’elle a de l’homme… La France est la France parce qu’ elle est une grande nation militaire ».
  • « Je suis très frappé par le processus de transformation qui se produit chez nos soldats. Ils s’universalisent lorsqu’ils rejoignent nos rangs. »
  • « L’élection présidentielle sera l’occasion d’un débat national sur l’opportunité de refaire une Revue stratégique et un Livre blanc.
  • « Je considère que la France a su conserver des capacités militaires tout à fait exceptionnelles, du très haut du spectre, avec la dissuasion nucléaire, au plus bas du spectre en donnant aux fantassins la capacité de se battre ».
  • « La dissuasion nucléaire continue à avoir toute sa place, ce qui permet à la France de rester un acteur stratégique puissant ».
  • « L’Allemagne n’a plus d’armée… elle est désarmée. Nos partenaires européens préfèrent une forme d’asservissement (OTAN)… qui, en fait, ne les protège pas. Il n’y a pas de prospérité ni de sécurité sans liberté… L’OTAN ne peut pas s’occuper de nouveaux dangers liés à la crise démographique ou à la crise de l’environnement ».
  • « Les américains vont se désengager du Moyen Orient comme ils l’ont fait en Afghanistan pour se recentrer dans le Pacifique ».
  • « Dans l’Indopacifique, l’Europe et la France sont capables de proposer une voie médiane… Nous ne pouvons pas nous laisser entraîner dans un face à face qui sera de plus en plus dur entre les Etats-Unis et la Chine ».
  • « Je suis très attaché à la neutralité politique des armées. Elle est le prix de la stricte subordination des armées au pouvoir politique, quelque soit ce pouvoir politique à partir du moment où il est démocratiquement élu… Tout officier général d’active ou de deuxième section qui peut jeter un doute sur cette stricte neutralité fait du mal aux armées, les affaiblit et dessert la France ».
  •  » Il est absurde de reprocher au président de la République la verticalité de ses décisions. Il faut bien quelqu’un qui décide ».
  • « Le retrait progressif des armées françaises au Mali est une étape dans une stratégie militaire… Nous ne sommes pas là pour faire le travail de l’Etat et des armées maliennes… La solution résidera dans la capacité qu’ont ces pays à rétablir une gouvernance… Au Mali, il s’agit de réorienter notre aide, notre présence et notre implication… Nous serons plus en appui, plus en accompagnement avec les européens et plus en coopération avec les Etats de façon préventive ».
  •  » La tentation d’associer le mandat d’un chef militaire à un mandat d’un chef politique pose problème ».

Rappel :
Invité sur RTL le 13 juin 2021, le général d’armée François Lecointre, chef d’état-major des armées, a annoncé qu’il quittait ses fonctions. « C’est mon choix, je lui ai demandé (au président de la République) de bien vouloir me laisser partir après quatre ans de mandat », a t-il indiqué lors de son interview dans l’émission Le Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro.
« Selon l’AFP, qui cite l’Élysée, François Lecointre sera remplacé par l’actuel chef d’état-major de l’armée de Terre, le général Thierry Burkhard », peut-on lire sur le site Internet de RTL.

Le général d’armée Thierry Burkhard, actuel CEMAT devrait remplacer le général Lecointre aux fonctions de CEMA
après le 14 juillet 2021.

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