La mémoire du 11 novembre a sa place à l’École

L’Union nationale des officiers de réserve et des organisations de réservistes (UNOR) exprime son désaccord avec les appels au boycott des cérémonies commémoratives du 11 novembre dans les établissements scolaires.

Commémorer n’est pas militariser. Rendre hommage aux morts pour la France ne signifie ni glorifier la guerre ni promouvoir l’engagement militaire. C’est rappeler les conséquences humaines des conflits et le prix de la paix. La cérémonie prend tout son sens lorsqu’elle permet aux élèves de comprendre pourquoi des femmes et des hommes ont perdu la vie, dans quelles circonstances et au nom de quelles valeurs de notre République.

L’École a un rôle essentiel dans la transmission de cette mémoire. Les élèves ne peuvent se construire une culture historique et civique si les événements qui ont façonné notre pays restent cantonnés aux manuels. La commémoration relie le savoir à des lieux, des noms et des parcours concrets. Elle aide à mesurer que la paix, les libertés et la démocratie ne sont jamais des acquis abstraits.

La mémoire du 11 novembre ne se réduit pas à une lecture militaire. Elle peut donner toute leur place aux combattants venus de métropole et d’outre-mer, aux soldats des anciennes colonies, aux civils, aux victimes, aux fusillés, ainsi qu’aux mémoires parfois différentes ou douloureuses de la Grande Guerre. Cette diversité appelle un travail historique exigeant ; elle ne justifie pas le silence.

La liberté pédagogique et la commémoration peuvent se concilier. Le cadre national fixe un rendez-vous commun, mais les équipes éducatives peuvent choisir les textes, les témoignages, les documents et les formes adaptés à l’âge des élèves et à leur établissement. La participation de partenaires, notamment du trinôme académique, d’associations mémorielles ou de réservistes, de la fédération nationale André Maginot doit servir le projet éducatif et respecter la responsabilité des enseignants.

Enfin, le désaccord sur les modalités ne devrait pas conduire au boycott. On peut débattre du format d’une cérémonie, de son organisation ou de son contenu. Mais priver les élèves d’un temps de mémoire ne les protège pas de l’instrumentalisation : cela les prive aussi d’une occasion de questionner l’histoire et de comprendre la fragilité de la paix pour nos démocraties.

L’UNOR soutient les équipes éducatives dans cette mission de transmission. Elle se tient à leur disposition pour apporter des témoignages et des ressources, dans le respect du cadre scolaire, de la rigueur historique et de la liberté pédagogique.

Se souvenir, c’est transmettre.
Travailler ensemble c’est construire notre cohésion nationale.
Comprendre, c’est préparer la paix.

Jean-Philippe Durrieu DuFaza
Président de l’UNOR

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